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Vaincre son tracVaincre son trac Le 06/06/2011

Une réunion avec le comité de direction, une remise de prix ou un discours de bienvenue... En entreprise, les occasions pour prendre la parole ne manquent pas et se révèlent particulièrement anxiogènes pour nombre de collaborateurs peu habitués à un tel exercice.

Si l'on ne s'improvise orateur d'exception, savoir s'exprimer en public et faire passer un message sont devenus des compétences précieuses voire indispensables. Avec un peu de travail sur soi-même et quelques bons réflexes, il est possible de faire de cette source de trac un moment de plaisir et de partage.

Positiver la source d'angoisse

"Le problème n'est pas tant ce que l'on vit que la manière avec laquelle on appréhende ce que l'on vit", analyse Jean-Yves Bellego, auteur de "Réussir à se libérer du trac", aux éditions Praxis. Comprendre par-là que l'on a parfois tendance à dramatiser les choses et que l'on s'impose soi même un stress supplémentaire. "Avant de monter sur scène, je me dis toujours que je vais passer un bon moment, explique Olivier Burger, directeur du développement des ressources humaines d'Areva. Plus l'auditoire est nombreux et plus je me dis que je me ferais plaisir. N'est-ce pas valorisant, par exemple, de faire rire plusieurs centaines de personnes ?"

N'oubliez pas que l'auditoire n'est pas composé de censeurs ou de jurés mais de personnes comme vous, des personnes qui ne sont pas forcément là de leur plein gré et dont vous devrez capter l'attention. "Ce n'est pas vous contre les autres mais vous avec les autres", ajoute Jean-Yves Bellego.

Croire en ses capacités

Avant une négociation ou une présentation importante, la première source de trac, c'est nous même ! "L'essentiel est de prendre conscience de ses qualités intrinsèques, conseille Olivier Burger. Les introvertis, pour qui une présentation en public, est plus effrayante que pour les autres, ont tendance à sous-estimer l'effet apaisant qu'ils peuvent avoir sur un auditoire."

Si nous sommes tous inégaux devant le stress, certains y étant plus ou moins sensibles, nous avons tous des armes pour y faire face. "Et ainsi combattre cette angoisse qui surgit irrémédiablement et de laquelle naît ce fameux doute sur notre valeur", explique Jean-Yves Bellego. Avant de penser aux pièges qui nous attendent et aux erreurs que l'on pourrait commettre, il faut se focaliser sur nos forces, penser que l'on va entrer en contact avec des personnes et que cette interaction sera sans doute très enrichissante, voire source de plaisir.

Ne laisser aucune place à l'imprévu

Le trac se nourrit aussi de la peur des impondérables. Qui ne s'est jamais soucié, le jour J, d'un problème de dernière minute, d'un taxi qui ne viendrait pas ou d'un ordinateur qui ne fonctionnerait pas ? Pour s'épargner ces soucis supplémentaires, une seule solution, bien ficeler la préparation de l'évènement. "La veille d'une intervention, je prends soin d'éviter tout stress imprévu, admet Céline Lachenal, chargé du recrutement chez SGS et en charge de nombreuses formations. Je vérifie, tout, dans les moindres détails, depuis ma tenue jusqu'aux aspects logistiques, pour m'assurer que je n'aurai pas de mauvaise surprise."

Ceci-fait, elle peut aller profiter d'un sommeil réparateur avant d'aborder la journée de manière plus sereine et ne se soucier que de sa prestation. Celle-ci étant suffisamment stressante d'elle-même, il est en effet dommage de lui ajouter un poids inutile.

Rester simple et percutant

L'un des reproches que l'on fait souvent à un discours ou à une argumentation est qu'il est très compliqué, lorsque le propos se perd dans la formulation ou l'idée essentielle dans une foule de concepts. Pouvoir réduire son discours à quelques idées fortes que l'on prend bien soin de rappeler est un exercice bien plus difficile que celui qui consiste à noyer son auditoire sur les informations. "Dans un discours, pérorer et conceptualiser à outrance est contre-productif, confie Olivier Burger. Cela vous complique la tâche en termes de mémorisation et cela ne vous assure même pas d'être compris." D'où l'importance de travailler le message que vous voulez faire passer.

"Demandez-vous toujours quelle est la nature de l'information, quel est le meilleur moyen de la présenter au public, préconise Jean-Yves Bellego. Cela vous ôtera le stress d'être incompris, un message simple mais fort est un message facile à faire comprendre."

Adopter la bonne posture physique

Sans qu'il ne s'en rende compte, le corps d'un orateur est soumis à rude épreuve lorsqu'il est en proie au trac. Ses épaules se tendent et gestes se crispent... autant de conséquences du stress qui, au-delà du désagrément physique occasionné, pénalisent l'expression gestuelle. Dans une communication, tout ce langage non verbal a, en effet, au moins autant d'importance que le message en lui-même. "Un interlocuteur qui aurait les pieds rentrés vers l'intérieur donne l'impression de ne pas être sûr de lui et perdra peu à peu l'adhésion du public", illustre Olivier Burger.

L'un des premiers vecteurs de trac reste la voix, dans laquelle se reflète, de manière évidente, l'état de tension qui la caractérise. Tremblante et fuyante sous le coup de l'émotion, il faut réussir à la canaliser. "Posée et affirmée, elle se transforme alors en véritable outil de séduction", explique Jean-Yves Bellego.

Se nourrir d'images positives

Lorsque l'on est dans le cœur de l'action, avoir recours à des pensées positives permet souvent de ne pas se laisser submerger par le stress. Penser à un événement heureux de votre vie ou à un proche auquel vous tenez, contribue à vous apaiser et rend aussi votre performance plus poignante, plus convaincante.

"Lors d'une présentation, je recommande d'adopter une vision périphérique et de s'imaginer que l'on aperçoit des personnes que l'on apprécie au loin mais que celles-ci ne nous ont pas vu, conseille Olivier Burger. Systématiquement, un léger sourire se dessinera sur votre visage." A l'oral, l'empathie se communique d'autant plus facilement que l'on est soi-même expressif. "Ces images à forte connotation émotionnelle sont un véritable moteur de votre discours, qui se nourrit d'images et d'anecdotes", résume Jean-Yves Bellego.

Faire de son trac un moteur

La plupart des acteurs de théâtre, aussi expérimentés soient-ils, confessent ressentir un léger stress avant de monter sur scène. Loin d'être un problème, cette montée d'adrénaline est pour eux un moteur. "L'apparition du stress, lorsqu'il n'est pas paralysant, peut être positive, remarque Olivier Burger. Nos sens sont plus éveillés et notre rendement légèrement supérieur à la normale."

C'est cette tension interne permanente qui tonifie les sens et permet d'être performant. Plutôt que de le combattre, à tout prix, apprenez à composer avec, elle peut être source de performance. "Les personnes qui ne ressentent aucun trac sont souvent de piètres orateurs parce qu'ils se moquent soit du message qu'ils passent, soit de l'image qu'ils donnent", note Jean-Yves Bellego. C'est de la prise de conscience des enjeux que nait le stress : impossible de s'en priver si vous voulez bien faire.

Pratiquer sans relâche

"Ce n'est pas parce que l'on a pratiqué un sport trois fois dans sa vie que l'on se dit bon pratiquant, note Sophie Crétal, responsable marque employeur chez Areva. Un tel raisonnement vaut pour l'exercice de présentation orale qui requiert autant d'efforts que n'importe quelle discipline." Encore une fois, pas de secrets, une pratique intensive permet de progresser dans l'exercice et de vaincre peu à peu son trac, à l'instar de Céline Lachenal qui confesse s'y sentir de plus en plus à l'aise.

 "Pour identifier ses faiblesses, le visionnage de sa prestation est tout ce qu'il y a de plus efficace, conseille Olivier Burger. Ce n'est peut-être jamais agréable de s'entendre et de se voir mais c'est le plus sûr moyen d'avoir un regard critique sur soi". Une fois cette autocritique faite, il ne vous reste plus qu'à pratiquer devant vos proches et votre miroir.

Demander de l'aide à ses proches

"A mes débuts, j'ai discuté avec des collègues et ma chef pour avoir leurs conseils, pour qu'à termes je puisse mieux vivre cette montée d'adrénaline", explique Céline Lachenal qui a été, très tôt, sollicitée pour organiser des formations.

En plus de leurs conseils avisés, vos proches et collègues doivent servir d'audience test. Une fois votre speech préparé, vous ne devez pas hésiter à leur faire une démonstration et à attendre leur point de vue. Souvent très francs avec vous, ils n'hésiteront pas à vous dire ce qui va et ce qui ne va pas. "Au début, je faisais vérifier mes présentations par ma chef, le fait qu'elle me dise que j'étais prête contribuait pour beaucoup à réduire mon anxiété", ajoute Céline Lachenal.

Se sentir bien dans ses vêtements

Qui n'a jamais eu sa chemise fétiche ou sa montre porte-bonheur ? Sans croire dur comme faire à la magie des grigris, pouvoir s'appuyer sur des éléments que l'on connaît permet sans conteste de sentir un peu mieux, à l'aube d'une échéance importante. "Les jours au cours desquels vous devez relever un défi ne sont clairement pas les jours où vous aller vous hasarder à faire des essais, prévient Olivier Burger.

Pour éviter les mauvaises surprises, cantonnez-vous à ce que vous avez l'habitude de porter, ne vous risquez pas à porter un costume neuf mais dans lequel vous ne vous sentiriez pas à l'aise. Le raisonnement vaut pour les dames qui éviteront les excentricités vestimentaires. Gardez vos robes fleuries pour les week-ends, jouez la carte de la sécurité et évitez tout risque de décalage en misant sur le tailleur.

Bétonner le contenu de son intervention

S'il est un aspect de votre prestation sur lequel vous avez entièrement la main, c'est bien ce que vous allez dire. C'est le seul point que vous pouvez préparer de A à Z et que vous devez donc maîtriser sur le bout des doigts pour, le jour J, faire attention à d'autres éléments.

"Votre cerveau va énormément être sollicité car il devra être à l'écoute de votre ou de vos interlocuteurs et définir la posture physique adaptée, explique Olivier Burger. Vous ne pouvez donc pas vous permettre d'être trop focalisé sur le contenu, c'est pour cela que vous devez le maîtriser à la perfection." Que ce soit avant une négociation extrêmement importante ou une présentation que vous réalisez pour la première fois, vous devez savoir ce que vous comptez dire, à la ligne près. Si vous avez besoin de supports pour vous sentir plus à l'aise, pas de problèmes, évitez toutefois qu'ils monopolisent l'attention de votre auditoire.

S'autoriser des routines qui donnent confiance

Se créer des routines permet de se conditionner mentalement pour une échéance importante. Répéter un ensemble de rituels donne progressivement confiance, autorise à faire abstraction du trac qui nous envahit et à appréhender tout nouveau défi sereinement. Avant une négociation cruciale, faites-ce que vous avez l'habitude de faire et lancez-vous dans le grand bain.

"J'apprécie pouvoir briser la glace avec les participants avant une participation, confesse Céline Lachenal. C'est tout de même plus agréable de discuter avec eux que de relire une dernière fois ses notes." Faire le vide en soir et se préparer à l'écoute sont deux étapes importantes. "Si je ne suis pas à l'écoute, mon discours n'est pas reçu, confirme Jean-Yves Bellego. C'est pourquoi il est important de se mettre dans une empathie suffisante, pour accueillir les autres."

Retrouvez l'article original sur http://www.journaldunet.com/management/efficacite-personnelle/vaincre-trac/

Source : JDN

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